Re,
J'élargis un peu le débat.
Comme je vous l'ai dit, j'ai fait un titre un peu provocateur.
Je trouve de plus en plus qu'il est assez typique d'un certain narcissisme français (je parle des français car je commence à les comprendre un petit peu

...mais c'est sûrement valable pour d'autres aussi) de toujours se placer au centre du débat. De s'attribuer la principale part (dans la victoire comme dans la défaite) de responsabilité de l'issue d'une bataille.
J'abonde complètement, par exemple, avec l'argumentation de
La Bleusaille ; argumentation que j'ai moi-même développé dans d'autres posts (peu ou prou) sans non plus aller plus loin. Donc ne voyez vraiment aucune "attaque" contre vous car je me mets dans le même lot.
Mais relisez les bouquins écrits sur Waterloo (à l'exception notable de celui de Barbero) et les messages de ce forum qui en traitent : l'analyse s'arrête toujours aux français. Faites lire ces passages à qcq'un qui ne connait rien de la bataille => il aura le sentiment que les coalisés auraient pu être 20 000 ou 200 000 que ça n'aurait rien changé car tout est "dû" aux français.
Je reprends mon parallèle avec Marengo : en fin d'après-midi, la ligne française est prête à s'effondrer. Au point que le généralissime autrichien quitte le champs de bataille en laissant les clefs du camion à son chef d'état-major. Comme erreur elle se pose là, celle-là ! Puis Desaix arrive, l'issue bascule et, bien souvent, on peu lire en conclusion des analyses de cette bataille un truc du genre
"une fois de plus, Bonaparte a montré la supériorité de sa stratégie sur les généraux adverses" ; encore une fois, l'issue de la bataille est "à cause" des français (je caricature un peu mais pas tant que ça) et non du résultat concomitant des erreurs de l'aversaire. Mais si Desaix n'avait pas été assez pugnace (comme Blücher fut assez têtu et pas rancunier envers Wellington qui l'avait un peu laissé tomber à Ligny) la "stratégie supérieure" de Bonaparte serait plutôt passée inaperçue. Attention, je ne remets pas en cause cette supériorité stratégique de Napy, je dis simplement que dans 2 cas assez similaires avec des issues opposées, les analyses par contre portent toujours sur les actions françaises.
Par exemple, j'ai rarement lu une analyse de Waterloo qui mettait en avant l'obstination défensive des anglais, le motivation que le commandement a su insuffler à ses troupes, le fait que 2 armées étrangères du camp coalisé se sont enfin soutenues l'une et l'autre, ...
Je pense que l'on gagne autant à analyser une manoeuvre du point de vue adverse que de son propre camp. D'ailleurs les coalisés l'ont compris et démontré quand, après 1807, il se sont demandés pourquoi les français gagnaient et non plus uniquement pourquoi eux perdaient. En vrac, ils ont fait le constat de la supériorité stratégique française (corps indépendants marchant suffisamment groupés pour se soutenir mutuellement, corps indépendants au niveau logistique, recherche systématique de la supériorité numérique sur un champ de bataille, ...), des innovations tactiques (voltigeurs, groupement d'artillerie, ...) et de la capacité de Napoléon à changer par une décision le cours d'une bataille.
On a pu voir le résultat aux cours des années suivantes et notamment en 1814, pendant la campagne de France où tous les principes stratégiques et les innovations avaient été adoptés par les coalisés et où chaque chef de colonne avait l'ordre de refuser le combat si la présence de Napoléon était avérée.
@+
Reinel... qui recommence à faire des posts longs comme le bras. Désolé
